PLV & marketing point de vente en France : normes et contraintes actuelles… et ce qui arrive
- xcarfantan
- il y a 2 jours
- 4 min de lecture
Le marketing point de vente (PLV, présentoirs, signalétique, théâtralisation…) reste un levier commercial puissant. Mais il est désormais encadré par un ensemble d’obligations qui touchent les supports, les déchets générés, l’information de tri, et même la façon de communiquer “durable”.
L’objectif de cet article : vous donner un panorama clair, actionnable, et à jour, des principales règles qui concernent les marques et les distributeurs en France — avec des sources officielles pour aller plus loin.

Le cadre “AGEC” : l’environnement devient une contrainte de conception et d’exploitation
La loi dite AGEC (anti-gaspillage pour une économie circulaire) a structuré le mouvement de fond : réduction du gaspillage, meilleure information du consommateur, montée en puissance des filières REP (responsabilité élargie du producteur), etc.
Ce qu’il faut retenir côté PLV / supports en magasin :
Même si une PLV n’est pas toujours un “produit vendu”, elle génère des flux de déchets (carton, bois, métal, plastiques, papier imprimé) et impose donc de mieux anticiper : tri, collecte, logistique retour, réemploi.
Les distributeurs, en tant qu’exploitants de sites, sont directement concernés par les obligations de tri et de gestion des déchets (voir section 2).
Déchets : le tri “5 flux / 7 flux” devient un standard opérationnel
En France, les entreprises (donc magasins, entrepôts, sièges) sont tenues d’organiser le tri à la source de certains flux. Le ministère rappelle les obligations de tri des déchets pour les professionnels, et les évolutions réglementaires autour du tri.
Pourquoi c’est clé pour la PLV ?Parce qu’une opération génère souvent plusieurs matières (carton imprimé, bois, métal, parfois textiles, etc.). Si le support est mal conçu (multi-matériaux non séparables) ou livré sans logique de reprise/tri, le coût et la complexité “terrain” explosent.
Impacts concrets pour marques et distributeurs
Marques / trade marketing : concevoir des supports démontables, mono-matière quand c’est possible, ou à minima séparables pour faciliter tri et recyclage.
Distributeurs : mettre en place (ou renforcer) une organisation logistique et prestataires déchets capables d’absorber les pics (temps forts promo, lancements).
L’information de tri : Triman + “info-tri” (quand c’est applicable)
La France encadre l’usage de la signalétique de tri via des textes du Code de l’environnement, et des dispositions précisant la signalétique “Triman / info-tri” dans certaines situations.
Pourquoi c’est un sujet “PLV” ?
Parce que, selon les cas, vos supports peuvent :
arriver en magasin emballés (films, cartons de transport, calages),
être accompagnés de consommables (kakémonos, affiches, stop-rayons),
ou être livrés sous forme d’éléments pouvant être assimilés à des composants soumis à des règles d’information/tri.
➡️ Le bon réflexe : valider au cas par cas (selon la nature exacte du support, son statut, son circuit, et les textes applicables) et s’aligner sur les référentiels opérationnels (ex. pratiques recommandées par les éco-organismes lorsqu’ils s’appliquent).
“Durable”, “éco”, “neutre” : la communication est de plus en plus encadrée (anti-greenwashing)
Deux niveaux se cumulent :
En France : règles et recommandations publicitaires
En France, l’ARPP encadre via ses recommandations la manière de formuler des allégations environnementales dans la publicité (principe de loyauté, clarté, justification, etc.).
Point clé : si vous dites “éco-responsable”, “respectueux de l’environnement”, “neutre en carbone”, etc., il faut être capable de justifier.
Au niveau européen : durcissement des règles B2C
L’UE a adopté la directive dite “Empowering Consumers” (Directive (UE) 2024/825) qui renforce la lutte contre les pratiques trompeuses, notamment certaines allégations environnementales vagues/non prouvées.
👉 Même si votre PLV est B2B / retail, ces règles influencent :
les argumentaires marketing des marques,
les briefs donnés aux prestataires,
et les éléments de langage utilisés sur supports en magasin.
Ce qui arrive (à suivre) : textes européens en cours et pression de conformité
Il existe aussi des textes “à venir” ou en discussion qui peuvent impacter packaging/communication environnementale (donc indirectement certains supports et promesses commerciales). Exemple : la proposition de directive dite “Green Claims”, dont le statut a évolué et fait l’objet de débats publics récents.
✅ Méthode prudente : ne pas “anticiper en inventant”, mais surveiller ces textes et, en attendant, adopter des pratiques robustes : allégations précises, preuves disponibles, labels sérieux, etc.
Checklist “terrain” : comment sécuriser une opération PLV dès aujourd’hui
Pour les marques (marketing / trade)
Brief : préciser objectif, durée d’exposition, contraintes magasin, logistique (montage, démontage, reprise).
Conception : privilégier séparabilité des matières, robustesse, réparabilité, décors interchangeables.
Déchets : définir qui fait quoi (magasin ? prestataire ? reprise marque ?).
Allégations : bannir les formulations floues ; conserver les preuves (docs, labels, fiches).
Pour les distributeurs (direction magasin / exploitation)
Process tri : capacité à gérer pics d’opérations, zones de stockage temporaire, bennes/flux.
Exigences d’enseigne : formats, sécurité, circulation, montage simple.
Pilotage : tracer les flux (ce qui rentre / sort / reste / est jeté) pour objectiver coûts et irritants.
Conclusion
La PLV n’est plus seulement un sujet de création et de coût unitaire : c’est un sujet de conformité, de logistique et de preuve (notamment dès qu’on parle d’environnement). Les marques et les distributeurs qui intègrent ces contraintes dès le brief gagnent du temps, évitent les blocages terrain, et réduisent leur risque (juridique et réputationnel).
FAQ
Q : La PLV est-elle soumise à la loi AGEC ?R : Aujourd’hui non, la PLV n’est pas une catégorie REP autonome mais certaines de ses composantes (imprimés) le sont. La loi AGEC incite cependant à mieux penser les flux de déchets.
Q : Dois-je afficher Triman sur mes supports ?R : Cela dépend du statut des éléments livrés (emballages/matériaux soumis à Triman). Une analyse cas par cas est recommandée.
Q : Comment sécuriser mes allégations “durables” ?R : En documentant chaque affirmation, en justifiant avec des preuves matérielles et en évitant les formulations trop vagues.



Commentaires